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« Chambre avec vue » :  
"Tiens, tiens, tiens… voilà Henri qui passe…"


par R. Mac Philpotts

Auprès d’organes plus traditionnels comme la presse, la radio ou la télévision, le Net s’impose jour après jour comme un moyen de communication à part entière et fait désormais partie des plans média. Et c’est autant pour la diversité de l’expression. On aura remarqué en effet que les artistes tiennent toujours peu ou prou le même discours convenu, lors du ‘tour de piste’ qu’impose le lancement d’une nouvelle production. En revanche, la création d’un site Internet se révèle être l’occasion pour eux de s’affranchir des contraintes de l’interview et de laisser libre cours à leur personnalité. En ces occasions, ce n’est pas sans une curiosité un peu gourmande que je pars à la découverte, en supputant in petto quelques surprises.

C’est dans un semblable état d’esprit que j’ai poussé la porte du site d’Henri Salvador. Je n’ai pas été déçu par la visite. Accueilli d’emblée par un artiste rigolard en panama, chemise hawaïenne et guitare, le ton est donné. En tendant l’oreille, on croirait presque l’entendre rire, de sa façon inimitable et si communicative. De surcroît, la photo traitée en tons sépia et la petite ballade d’accompagnement à la guitare, donnent à cet accueil, de l’allure.

Un petit click sur le lien ‘Portrait’, pour faire plus amplement connaissance en quelque sorte.  « Le 18 juillet 1917 est un jour relativement important dans ma vie… Autrement dit mon arrivée sur cette planète… »  Ainsi débute le portrait de l’artiste, découpé en trois périodes et près de quarante chapitres. Mais résumer une existence aussi longue, tumultueuse, voire, aventureuse, un demi-siècle de carrière de la même eau, présente quelques embûches. Il est en effet difficile de s’y retrouver, lorsque les titres des dits chapitres vous égarent dans une chronologie devenue dès lors quelque peu approximative. En outre, la fenêtre déroulante est plutôt étroite et rend la lecture malaisée.

Avec un peu de patience toutefois, on apprendra entre autres, qu’Henri Salvador est « né à la musique avec le jazz », qu’il a notamment joué dans la formation de Django Reinhart et dans la bande des ‘Collégiens’ de Ray Ventura, fait d’improbables tournées en Amérique du Sud, à Boulogne sur Mer et ailleurs, produit, avec sa deuxième épouse Jacqueline, des shows télévisés (Salves d’or), écrit et interprété quelques chansons (combien à votre avis ?), mais surtout, qu’il a côtoyé  tous ceux qui comptaient dans le monde du show-business. Avec quelques amitiés marquantes : Paul Misraki, Boris Vian, Quincy Jones, et tant d’autres.

Pour se remettre, et pour le ‘fun’, un petit tour sur le lien ‘Détente’ où vous découvrirez le ‘Dancefloor’, une animation qui rappelle un peu le jeu Beatmania sur PSX....

L’imposante discographie mérite le détour, ne serait-ce que pour appréhender l’étendue d’un talent : ‘Le blues du dentiste’, ‘Maladie d’amour’, Nos ancêtres les Gaulois’, ‘Syracuse’, ‘Count Basie’, C’est pas la joie’, ‘Le travail c’est la santé’, ‘Une chanson douce’, ‘Faut rigoler’, ‘Le lion est mort ce soir’, ‘Rock and roll mops’, ‘Quand je monte chez toi’. Autant de succès, et cette liste n’est pas exhaustive.

Mais foin du passé, même s’il en impose par sa richesse. C’est demain qui importe. Ouvrant la fenêtre de ‘Chambre avec vue’, j’ai clairement vu un artiste de 83 ans, ‘toujours allant, toujours bien portant’, faisant un  pied de nez  à ses cadets, en sortant un des meilleurs albums de cette fin d’année.

La genèse de cet album mérite d’ailleurs de s’y arrêter quelques instants.  Sans vouloir lire entre les lignes de la dédicace qu’Henri Salvador consacre à quelques-uns des architectes de cette aventure, on supputera qu’il avait peut-être envisagé un retrait vers la sortie des artistes, réservant désormais sa voix de crooner à ses proches. Et puis, miracle : la rencontre avec deux producteurs, créateurs du nouveau label Exxos, dont il écrit, ils «… m’ont offert ce que n’importe quelle maison de disque devrait offrir à un artiste pour un résultat de classe. » ; la collaboration d’auteurs-compositeurs, confirmés, comme Art Mengo, Françoise Hardy, ou plus jeunes, tel le tandem Keren Ann Zeidel/Benjamin Biolay.

Enregistré au studio du Palais des Congrès à Paris, avec une formation de six musiciens et notamment la participation de Toots Thielmans à l’harmonica, le résultat est à la hauteur des espérances. Manifestement, tout le monde a ‘mouillé sa chemise’ et l’interprète y a rajouté tout son cœur. Les 10 extraits disponibles sur les 13 chansons inédites de l’album en donnent largement la mesure, dans une tonalité cool et jazzy à la fois. Et puis, Henri Salvador, c’est toujours cette voix prenante que l’on n’oublie pas…

A l’instar d’un des signataires de son Livre d’or qui écrit : « … pour les jeunes c’est ton 1er album… donc tu dois nous en faire encore 1 ou 2. », on souhaitera chaudement qu’une telle aventure se poursuive. Et avec moi, nous lui dirons tous : « Salut l’artiste ! »

www.henrisalvador.com

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