Par R. Mac Philpotts
Sil
est une attente largement partagée par la communauté
des internautes, cest de retrouver sur la
Toile un lieu déchanges convivial et une liberté
de ton qui font parfois défaut en dautres
lieux. A cet égard, les nombreuses possibilités
techniques offertes par ce média, permettent dinstaurer
une relation privilégiée, construite notamment sur
linteractivité, propre à satisfaire les attentes
dun tel public. Dans ce contexte, les sites
Internet dartistes ne peuvent se limiter à
lexercice de style façon sa vie, son
uvre, ni se réduire à léphémère
fonction doutil de promotion. En effet, cliquer
sur le site dun de ses interprètes ou musiciens
favoris, nest-ce pas une autre façon de lui
témoigner son admiration, sa sympathie, de venir
saluer un ami en quelque sorte ?
Pour
le moins, on espère y être accueilli.
La sortie imminente du nouvel album de Maxime Le Forestier, était loccasion
de faire dune pierre deux coups : rendre
compte du disque et aller voir, à travers son site
officiel, si le chanteur daujourdhui
avait gardé quelque chose du barbu anticonformiste
dhier. Maxime Le Forestier On Line :
sans être ébouriffant, un pareil titre augurait
dune approche plus originale en matière de
sites Web.
Je mattendais donc à des pages conviviales, réactives, sympa quoi, dautant
que la personnalité de linterprète permettait
de fonder quelques espoirs. Disons-le tout net,
lartisan de la rime et du bouquet de notes
sest semble-t-il endormi dans les coulisses.
Ou bien, il a déserté son échoppe, laissant toutefois
la porte ouverte et quelques uvres maîtresses
accrochées aux murs pour ne pas désorienter le chaland
curieux, et témoigner des splendeurs passées.

Ainsi,
lactualité de Maxime relate une tournée Chansons
de Brassens qui remonte à 1997. Dans lunivers
dInternet, cela revient à évoquer le début
du siècle. Depuis, sans doute avait-il dautres
préoccupations : préparer son nouvel album,
et lon imagine sans peine que ce nest
pas une mince affaire que de reconquérir à chaque
fois un public. Plus fâcheux, des liens qui ne mènent
plus nulle part, des pages sans intérêt, comme
Les Partitions ou Monde. Cette dernière fait appel
à une technologie obsolète (VRML), une visionneuse
qui est dailleurs indisponible. Quant au Livre
dor, on peut certes y déposer un message,
mais pour lheure, il est vide. On sinterroge :
linterprète naurait-il plus de fans disposés
à entretenir la flamme, notamment dans les périodes
tourmentées de création ? En loccurrence,
peut-être sagit-il dune sorte de modestie
qui a conduit lartiste à faire place nette
des hommages passés. Alors même que dautres
conservent avec un souci avaricieux des dédicaces
ronflantes qui ne sont plus de saison. A suivre
Et pas un seul octet consacré à la sortie de son
album.
Pour
être sans âme et quelque peu out, le
site nest pas désagréable à visiter, avec
de nombreuses photos, dont certaines très belles,
la discographie, reprenant 18 albums de lartiste,
dont le seul CD Extra à ma connaissance qui contienne
de la vidéo (Passer ma route). Et puis
quelques extraits de chansons sur RealAudio, QuickTime
et Aiff (?). Enfin, une intéressante biographie,
très complète, bâtie à partir darticles et
dentretiens parus dans Chorus.
Mais visiblement, si lensemble est dune
facture somme toute assez classique, le site a été
mis en sommeil
Bien
entendu, tout ceci ne remet pas en cause le talent
de Maxime Le Forestier, réel et reconnu, ni ses
qualités humaines, dont on sait quelles trouvent
à semployer en faveur de causes médiatisées
(Sol en Si) ou plus confidentielles. Malgré la déception,
je noublierai pas la révérence due à lartiste,
pour avoir éclairé des lendemains devenus plus souriants.
Léducation sentimentale Mon
frère, San Francisco, La
petite fugue, Amis, Passer
ma route, Blues blanc pour un crayon
noir : autant de ballades dont je suis sûr
quelles ont, au fil du temps, dispensé leur
baume sur des curs parfois égratignés, et
permis peut être à bon nombre de trouver la vie
plus aimable, accessoirement, de se réconcilier
avec eux-mêmes.
http://www.maximeleforestier.com
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